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 L
'Attiéké ou couscous de manioc, est devenu depuis quelques années,
un produit alimentaire des plus prisés aussi bien en Côte d'Ivoire qu'à
l'extérieur. De ce fait, un Institut de Recherche Ivoirien à trouvé un
moyen de le conserver. Toutefois sa forme la plus demandée reste celle
obtenue par cuisson artisanale. Une pratique dans laquelle excellent les
populations Ebrié, Adjoukrou
et Alladjan.
La préparation et le commerce de l'attiéké
constituent pour les femmes issues de ces groupes ethniques une activité
économique majeure. Ainsi tous les jours Mme Abrogoua Marguerite
se rend aux abords de la lagune Ebrié. Là, elle commence à
éplucher le manioc qu'elle a acheté de préférence la veille. Par ce
geste, cette commerçante d'attiéké entame le premier acte de
transformation du manioc en attiéké. Pour la suite, explique
Mme Abrogoua, " le manioc est découpé en petits morceaux qui
resteront pendant deux jours en immersion avant d'être lavés pour en
extraire l'amidon. Après lavage, ces morceaux de manioc seront broyés,
la pâte obtenu e pressée pour enlever l'eau résiduelle puis séchée.
Ensuite ce produit sera vanné et cuit à la vapeur ". C'est ainsi que
s'obtient l'attiéké qui est commercialisé dans les marchés, ainsi
qu'aux alentours des maquis.
Mais avant d'en arriver là, deux fois par semaine, en
compagnie d'autres commerçantes, Marguerite va s'approvisionner
en manioc à Dabou et à Bingerville.. Outre l'achat du
manioc, d'autres dépenses de moindre importance son liées à la
préparation de l'attiéké. Elles concernent l'achat d'huile, de
bois de chauffe servant à la cuisson, de sachets d'emballages… Plusieurs
corps de métier interviennent dans le processus de préparation
artisanale de l'attiéké. Ainsi, posséder une broyeuse dans les
zones de production peut rapporter gros. Aveu de Danho Serge Alain
broyeur à Blockhauss : qui estime sa recette journalière entre 15
et 20.000 fcfa. L'affaire rapporte aussi au jeunes conducteurs "
wotoro ou pousse-pousse ". Qui le plus souvent sont commis au
transport du manioc et du produit fini du lieu d'achat ou de
transformation au lieu de vente. Les courses varient de 250 à 600
fcfa selon la charge. Ce qui peut faire un gain quotidien de près de
3000 frs.
UN
PLAT TRES PRISE A L'ETRANGER
Leurs
plus important gains, les productrices d'attiéké disent les réaliser à
l'exportation. L'attiéké étant très apprécié à l'étranger. Les commerçantes
reçoivent très fréquemment des commandes en provenance des pays voisins. Fini
l'époque où l'attiéké était un produit de consommation purement ivoirien. Ses
consommateurs se retrouvent aussi bien en Afrique qu'en Europe. Deux fois par
mois, Albertine productrice d'attiéké à Jacqueville, reçoit une demande de 100
000 fcfa d'une exportatrice qui le commercialise en France. Il en est de même
pour Alphonsine qu'une de ses cousines vivant à Londres sollicite le plus
souvent pour lui fournir de l'attiéké.
Ces commandes constituent une aubaine pour les productrices
d'attiéké. En effet, elles leur permet d'engranger assez de fonds. témoignage
d'Alphonsine : " Avec une demande pareil, c'est plus de 120 000 fcfa de recette
brute que nous réalisons ". En dépit de l'emergence des usines d'attiéké, la
production artisanale constitue un secteur toujours porteur. Car c'est elle qui
ravitaille la plupart des réseaux de distribution. Le commerce de l'attiéké s'il
est bien organisé pourrait constituer une source d'entrée de devises pour la
Côte d'Ivoire.
Guy
KOMELAN
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